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  • Pascal Renauldon

Le « poney » de polo : un cheval de sport

Dernière mise à jour : 15 août 2023

Non, le cheval de polo n’est pas un bagual, un cheval sauvage, attrapé par hasard au lasso au milieu de la pampa et lancé après quelques brèves séances de dressage sur un terrain. Il est le fruit d’un concept réfléchi et de sélections rigoureuses entreprises il y a plus d’un siècle.


Ce n’est pas par hasard que les chevaux argentins soient les plus recherchés et les plus diffusés à travers la planète car c’est parmi eux que l’on trouve le meilleur concentré des qualités requises pour ce sport : une tête bien faite, une maniabilité et une souplesse sans blocages, une bouche facile, répondant rapidement à la moindre sollicitation et une pointe de vitesse avoisinant celle des hippodromes.


La Dolfina Cuarterera est assurément l’une des toutes meilleures juments de l’histoire du polo. Pour Adolfo Cambiaso, elle était en tout cas la jument de sa vie. Née le 3 février 2001 à La Dolfina d’un embryon conçu par l’élevage des… Pieres (par Sportivo et Lambada), elle nous a quitté le 4 mai dernier à l’âge de 22 ans. « Sa perte a été un moment très triste, déclarait Adolfo Cambiaso à Pololine. Je suis affligé. C’était un génie. C’était Messi et Maradona à la fois. Que dire de plus » ? Elle était l’image idéale du parfait cheval de polo : « C’était une jument docile, facile à soigner, tout le monde pouvait être capable de la jouer. J’ai eu la chance de voir Mia et Poroto jouer avec elle. C’est sans aucun doute la meilleure jument que j’ai montée de toute ma carrière. Et, en plus, elle a été plébiscitée par tous les handicaps 10 pour entrer au Hall of Fame du sport ».


Ce caractère en or leur vient de leurs ancêtres criollos, chevaux de service des estancias descendants des chevaux ibériques importés par les conquistadors, judicieusement croisés au pur-sang. Il leur vient également d’une éducation sans anthropomorphisme, en groupe : une particularité entretenue par les spécificités du polo. Un joueur ayant besoin d’un minimum de quatre chevaux, voire six à huit pour le niveau de la Nations Cup, ceux-ci seront entraînés en lot, entrainés en groupe, du moins pour la condition. D’où ces belles images de petiseros sortant à cheval avec, de chaque côté deux à quatre chevaux attachés ensemble par le licol. Cette méthode collective a l’avantage que les chevaux vivent le plus souvent entre eux, en société de chevaux et restent des chevaux. Les plus capricieux sont souvent les plus bichonnés ! Un cheval de polo retourne à sa vie de cheval de troupeau après avoir fait son travail, il en est que moins compliqué.


La majorité des chevaux de polo sont des juments. Selon les grands joueurs, c’est parce qu’elles apprennent plus vite que les mâles tout en gardant leur influx. Un étalon a, lui-aussi cet influx, mais reste plus délicat à gérer parmi toutes ces juments. Quant au hongre, il perd un peu de ce tempérament, cette niaque nécessaire pour arriver sur la balle devant les autres !


© Justine Jacquemot et Omédia


Le cheval de polo argentin est donc reconnu pour être le meilleur du monde. Toutefois les élevages anglais, uruguayens et australiens font également bonne figure. A un niveau moindre (tout le monde n’a pas besoin d’un crack pour jouer du high-goal), il est sans doute possible de s’épargner le prix d’un billet d’avion Argentine-Europe en recherchant judicieusement des pur-sang de réforme ou même prospecter du côté du horse-ball où sont cultivées et recherchées chez les chevaux des qualités similaires au polo. Il faut trois années d’éducation avant qu’un cheval puisse être capable de jouer. Un « parcours scolaire » qui commence avec le domador, (qui "débourre" le cheval, c’est-à-dire le monte pour la première fois et lui inculque les bases : maniabilité, arrêts, départs…), puis par le piloto, (qui lui fera faire ses premiers practices tout en poursuivant son dressage) avant d’entrer en matchs officiels avec le joueur.


Lors d’une rencontre du niveau de l'Open de France, un cheval joue entre deux et trois minutes d’affilée, jamais plus. Au cours d’une période, le joueur profite d’un court arrêt de jeu pour aller rapidement changer de cheval, parfois, en passant de l’un à l’autre sans mettre pied à terre. Ainsi, jamais un cheval ne sera « mis dans le rouge » car ces athlètes sont préservés. D’ailleurs, entre deux saisons, les chevaux profitent de grandes vacances, quatre à six mois au pré et bien sûr, en troupeau.

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