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LA REVANCHE DE KAZAK ET LA REINE HAZEL

Pascal Renauldon
il y a 18 minutes
6 min de lecture

Un temps frais, idéal pour que ces incroyables chevaux donnent le meilleur d’eux-mêmes, beaucoup de public et, sur le terrain, cinq chukkers joués presque sans reprendre son souffle. La finale de l’Open de France BARNES 2026 aura été l’une des plus belles, mais aussi l’une des plus rapides de ses 26 éditions : très peu d’arrêts de jeu, peu de pénalités, des courses, des golazos et une bande de jeunes joueurs qui a emballé le match, au point d’impressionner même ceux qui découvraient le polo ce dimanche à Chantilly. Kazak a finalement pris sa revanche sur Akasha (10-9) au terme d’une dernière période irrespirable. Quelques heures plus tôt, l’Open de France féminin SkinCeuticals avait couronné Why Not et une Hazel Jackson royale face à Augustinus Bader (8-1).


Les jeunes ont mené la danse hier à Chantilly. Ici Pedro Chavane, 17 ans, devant et tous derrière.                            © Pascal Renauldon
Les jeunes ont mené la danse hier à Chantilly. Ici Pedro Chavane, 17 ans, devant et tous derrière. © Pascal Renauldon

Kazak : la revanche d’Aguettant, des gamins époustouflants

 

Sébastien Aguettant l’attendait depuis cinq ans, cette revanche. Battu 12-5 par La Magdeleine, devenue depuis Akasha, en finale de l’Open de France 2021, le capitaine de Kazak avait choisi cette année de miser sur la jeunesse. Une extrême jeunesse… qui a tout simplement pris le pouvoir dimanche à Chantilly.

 

Le plus âgé des trois professionnels de Kazak, Teodoro Lacau, vient à peine de fêter ses 24 ans. À ses côtés, Pedro Chavanne et Leon Donoso, 33 ans… à eux deux, ont livré une finale éblouissante. Des golazos, des courses, des actions improbables, très peu de fautes et, surtout, les dix goals de Kazak inscrits à eux trois : quatre pour Chavanne, quatre pour Donoso et deux pour Lacau.

 

En face, un autre gamin avait décidé de leur compliquer sérieusement la tâche. Ciro Urturi, 20 ans, a inscrit quatre des neuf goals d’Akasha, dont les deux premiers lançant son équipe et la maintenant au contact dans un match que Kazak semblait pourtant avoir en main. 2-1, 4-3, 6-5, puis 8-6 : à chaque chukkerKazak restait devant. Mais jamais suffisamment loin pour respirer.

 

Et surtout pas dans les dernières minutes. Mené 10-6 dans l’ultime période, Akasha est revenu à 10-9 en une poignée de minutes. Sur la dernière action, l’égalisation semblait même au bout du maillet. Il a fallu un sauvetage miraculeux de la défense de Kazak devant sa ligne pour empêcher le dixième goal et une prolongation. Il ne fallait pas être cardiaque.


Pedro Chavanne esquive acrobatiquement la balle de Ciro Urturi. © Pascal Renauldon
Pedro Chavanne esquive acrobatiquement la balle de Ciro Urturi. © Pascal Renauldon

À 24 ans, Teodoro Lacau faisait donc presque figure de patriarche au milieu de cette bande. Ce qui l’amusait beaucoup après le match : « Je me suis senti un peu comme un papa. Je n’avais pas grand-chose à faire, simplement ne pas désorganiser l’équipe, et eux faisaient tout ! »

 

Le « papa » avait pourtant annoncé la couleur. Kazak avait été battu 11-6 par Akasha lors de leur première confrontation dans le tournoi : « Je leur avais dit dès le premier jour que, lorsque nous les rejouerions, nous les battrions. Et c’est ce qui s’est passé. »

 

Restait à désigner le meilleur joueur de cette finale. Difficile de départager Pedro Chavanne et Leon Donoso tant les deux ont pesé sur la rencontre. Il fallait pourtant en choisir un : le titre de MVP est revenu au Chilien Leon Donoso qui devient à 16 ans le plus jeune MVP de l’Open de France.

 

Et peut-être est-ce finalement l’image à retenir de cette finale. Sur les 19 goals inscrits, 14 l’ont été par Teodoro Lacau, Pedro Chavanne, Leon Donoso et Ciro Urturi. Quatre joueurs dont le plus âgé vient d’avoir 24 ans. On les regardait dimanche disputer une finale de l’Open de France ; on ne serait guère surpris de les retrouver dans une autre finale, dans quelques années, sur la cancha 1 de Palermo.

Trois goals seulement pour Tommy Beresford (Akasha, en blanc), dimanche, c'est la fougue des jeunes qui a parlé. D'ailleurs, le meilleur marqueur de son équipe fut le plus jeune: Ciro Irturi, 20 ans. @ Pascal Renauldon
Trois goals seulement pour Tommy Beresford (Akasha, en blanc), dimanche, c'est la fougue des jeunes qui a parlé. D'ailleurs, le meilleur marqueur de son équipe fut le plus jeune: Ciro Irturi, 20 ans. @ Pascal Renauldon

Open de France féminin SkinCeuticals


WHY NOT ET HAZEL JACKSON SANS PARTAGE


L’après-midi de fête avait commencé par la finale de l’Open de France féminin SkinCeuticals. Une finale qui promettait beaucoup entre les deux seules équipes invaincues de la phase de qualification, Augustinus Bader de Lia Salvo et Why Not d’Hazel Jackson. Mais le duel attendu a rapidement tourné à l’avantage de Why Not : 8-1.


Domination sans partage de Lorena Renggli et de ses coéquipières hier à Chantilly. Au fond, Hazel Jackson veille au grain. © Pascal Renauldon / R&B Presse
Domination sans partage de Lorena Renggli et de ses coéquipières hier à Chantilly. Au fond, Hazel Jackson veille au grain. © Pascal Renauldon / R&B Presse

Augustinus Bader n’a jamais retrouvé l’organisation et la maîtrise affichées lors de ses trois premiers matchs. Trop de fautes, surtout face à une joueuse comme Hazel Jackson qui ne laisse guère passer ce genre de cadeaux : 5-1 à la mi-temps, dont quatre pénalités transformées par la Britannique.

 

Menée au score, l’équipe de Lia Salvo a ensuite dû desserrer son dispositif pour tenter de revenir. Sans parvenir à enrayer l’hémorragie. Why Not a ajouté trois goals sans réponse dans la seconde moitié du match, tandis que Lia Salvo, habituellement si sûre dans cet exercice, laissait échapper plusieurs occasions sur pénalité.

 

Mais Hazel Jackson refusait de réduire cette large victoire aux difficultés de ses adversaires : « Je ne pense pas qu’elles aient mal joué. Je crois surtout que nous avons disputé notre meilleur match du tournoi. Les filles ont joué avec énormément de discipline et notre défense a été phénoménale. Le score le montre. Nous avons été tellement strictes défensivement que, je crois, nous ne les avons tout simplement pas laissées jouer. »

 

La Britannique aura d’ailleurs laissé une empreinte impressionnante sur cet Open. Sept des huit goals de Why Not en finale, 22 sur l’ensemble du tournoi et le titre de meilleure joueuse professionnelle SoftShield. Lorena Renggli, sa coéquipière, a pour sa part reçu le prix de meilleure joueuse amateur by Drimmer.


Paloma Lauro (Augustinus Bader, en blanc) d'habitude une bonne réalisatrice devant les goals, est restée muette hier, étouffée par la défense de Why Not. © Pascal Renauldon
Paloma Lauro (Augustinus Bader, en blanc) d'habitude une bonne réalisatrice devant les goals, est restée muette hier, étouffée par la défense de Why Not. © Pascal Renauldon

Et comme toujours au polo, l’histoire se termine aussi par le meilleur cheval de la finale (BPP) dont le prix, la couverture, est revenu à El Overo Z7 Michinga, montée par Hazel Jackson. Une jument qui lui appartient aujourd’hui mais qui lui avait été offerte par la Sheikha Maitha Al Maktoum, patronne d’UAE Polo Team, et Lucas Monteverde : « Elle est incroyable, elle a un cœur extraordinaire. » Un joli prolongement de l’histoire commune entre Hazel Jackson, Lia Salvo et l’élevage El Overo Z7.

 

Et Hazel résumait finalement ces trois semaines avec une formule simple : « C’est le plus beau mois que j’aie vécu à Chantilly, aussi loin que je me souvienne. » Nous aussi !


Les podiums:


Kazak, vainqueur de l’Open de France BARNES 2026 après sa victoire 10-9 face à Akasha au terme d’une finale exceptionnelle. De gauche à droite : Sébastien Aguettant, Pedro Chavanne, Leon Donoso (que leurs bras d'adolescents étaient trop épuisés pour soulever le lourd trophée!) et Teodoro Lacau. 

Why Not, vainqueur de l’Open de France féminin SkinCeuticals 2026 après sa victoire 8-1 face à Augustinus Bader. De gauche à droite : Allegra Barnaba, Lorena Renggli, Hazel Jackson et Hana Grill.

© Justine Jacquemot


Résultat, trophées et statistiques 

 

Open de France BARNES


KAZAK 10 – 9 AKASHA

 

Kazak (17) : Sébastien Aguettant 0 ; Pedro Chavanne 5 (4 goals) ; Leon Donoso 5 (4 goals) ; Teodoro Lacau 7 (2 goals).

 

Akasha (17) : Alexandre Garese 0 ; Ciro Urturi 3 (4 goals) ; Facundo Fernández Llorente 7 (2 goals) ; Tommy Beresford 7 (3 goals).

 

Progression : 2-1 / 4-3 / 6-5 / 8-6 / 10-9.

 

BPP (meilleur cheval du match) : Irenita Risa, montée par Facundo F. Llorente.

BPP AACCP (meilleur cheval inscrit au stud-book argentin) : Flojura Pulpera montée Leon Donoso

MVP by Drimmer : Leon Donoso (Kazak)

MVP amateur by SoftShield : Sébastien Aguettant (Kazak).

FairPlay Standing Rock : Eternal J


Open de France féminin SkinCeuticals


WHY NOT 8 – 1 AUGUSTINUS BADER

 

Augustinus Bader (16) : Alicia Gariador 3 (1 goal) ; Mendoza Houben 1 ; Paloma Lauro 4 ; Lia Salvo 8.

 

Why Not (16) : Allegra Barnaba 1 ; Lorena Renggli 2 ; Hana Grill 3 (1 goal) ; Hazel Jackson 10 (7 goals).

 

Progression : 1-2 / 1-5 / 1-6 / 1-8

 

Meilleur cheval de la finale (BPP) : Michingan, montée par Hazel Jackson (Why Not)

Meilleure joueuse amateur by Drimmer : Lorena Renggli

Meilleure joueuse pro by SoftShield : Hazel Jackson

Les chevaux stars du jour : Flojura Pulpera montée Leon Donoso, Irenita Risa, montée par Facundo F. Llorente et Michingan, montée par Hazel Jackson © Justine Jacquemot

 
 
 

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