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  • Pascal Renauldon

Pauline Basquin et Sertorius de Rima Z*Ifce sur un petit nuage à Lyon

Dernière mise à jour : 17 nov. 2023

C’est un véritable exploit pour le dressage français : une troisième place en Coupe du monde avec un score rare pour la France de 80,815%. Cela n’était jamais arrivé depuis la regrettée Margit Otto-Crépin et Corlandus. Un autre siècle. Cela s’est passé vendredi dernier, et cette performance est signée Pauline Basquin, qui est entrée au Cadre noir en tant que cavalière de saut d’obstacles et d’un cheval, Sertorius de Rima Z*IFCE, né dans un Stud-book dédié… au saut d’obstacles et acheté par le Cadre noir pour la reprise des… Sauteurs ! Drôles de destins croisés qui vont sans doute les conduire aux Jeux olympiques de Paris 2024 ! (NB : lire la réaction de l'éleveur en fin d'interview)


Racontez-nous votre magnifique progression avec Sertorius de Rima Z*IFCE ces dernières années jusqu’à ce podium lyonnais ?

C’est un cheval que je monte depuis qu’il a 3 ans et cela fait donc 10 ans que nous sommes ensemble. Ce petit cheval est arrivé au Cadre noir pour devenir sauteur. Il n’était pas très grand et c’est pourquoi on me l’a confié au départ, pour le débuter, en attendant qu’il grandisse, devienne sauteur et être restitué à un écuyer dont c’est la spécialité. Et puis il s’est avéré qu’il trottait bien, qu’il était doué pour le dressage et voilà comment j’ai pu garder Sertorius qui n’était pas du tout destiné à cette discipline. Il s’est révélé de plus en plus doué et a fait son premier concours à 6 ans, il a gagné le Championnat de France des 7 ans, le Championnat Pro 2 à 8 ans. Ses 9 et 10 ans furent deux années noires avec une grosse colique qui a nécessité deux interventions qui l’ont mis à l’écart des pistes de compétition pendant deux saisons. A son retour, à 11 ans, il a été Champion de France Pro 1, puis Pro élite et ainsi de suite jusqu’au Championnat d’Europe. Je savais que ce cheval avait une belle marge de progression même si nous avons fait de grosses fautes au long de l’année. Mais des fautes que j’avais clairement identifiées et que je pouvais rectifier avec l’aide de mon entourage jusqu’à ce résultat flatteur au Championnat d’Europe : quasiment 80% sur la RLM alors que c’était déjà inespéré que je me qualifie pour cette Kür. Et puis cette troisième place à Lyon avec encore quelques petites imperfections, des fautes qu’il ne fait pas à la maison et qu’il ne fera logiquement plus en compétition. C’est la récompense du travail d’une équipe.


Quels espoirs nourrissez-vous pour Paris 2024 ?

L’espoir, le projet du dressage français pour Paris 2024 est de pouvoir constituer une équipe solide et harmonieuse qui puisse tenir cette sixième place des Européens face à une concurrence plus forte encore avec notamment les États-Unis. Nous avons réalisé un score de 72% par équipe à Compiègne et nous visons un 73 ou 74% à Paris, non pas grâce au résultat d’une individualité qui tirerait le résultat de l’équipe vers le haut, mais avec chacun des cavaliers arrivant à atteindre ou dépasser ces 73% de façon homogène.


Sertorius de Rima Z*IFCE participe-t-il également aux galas du Cadre noir ?

Non, il ne participe pas aux galas, mais il m’arrive de le monter dans les « Matinales » qui sont des galas de format réduit le jeudi matin. Il y en a tous les jeudis de mars à octobre. C’est un format pédagogique de gala avec moins de jeux de lumière et moins de public dont je me sers pour préparer nos compétitions. Par exemple, avant Riesenbeck, j’y avais déroulé mon Grand Prix, parfois, je m’en sers pour répéter ma RLM.


En revanche, vous participez régulièrement à ces galas comme à Bordeaux en février prochain : en quoi est-ce important pour vous ?

Quand je suis entrée dans cette institution, j’étais cavalière de saut d’obstacles – même si je suis passée au dressage depuis – mais c’étaient ces galas qui me faisaient rêver. Avec l’instruction et la compétition, les galas font partie des trois missions de tout écuyer et c’est important. Ces trois activités sont intimement liées. Grâce aux galas, où nous sommes vus, et surtout en se montrant en compétition, nous avons des élèves. En retour, l’instruction nous nourrit : enseigner nous permet de nous remettre en question et d’améliorer notre propre technique. Les galas permettent de nous préparer pour la compétition et à l’inverse, la compétition nous permet de préparer les chevaux pour les galas en "restant dans l’actualité". Ainsi, nous ne restons pas une académie figée : grâce à la compétition, nous évoluons.


Qu’est-ce que les galas vous apportent ?

J’adore les galas car ils nécessitent un véritable travail d’équipe. C’est une recherche commune de produire la meilleure prestation possible. C’est cela faire partie d’une équipe : une équipe harmonieuse où chaque écuyer a sa spécialité comme les Sauteurs, une discipline traditionnellement réservée aux hommes, donc, alors que les filles véhiculent d’autres aspects avec une équitation plus féminine comme notre Pas de trois ou les longues rênes académiques présentée par des femmes, Laurence (Sautet) et Marie (Coumes). Aujourd’hui, les femmes apportent une image et une pratique différente de l’équitation française qui se fondent dans ces galas du Cadre noir qui sont des prestations d’un groupe et non d’individualités.


Comment et pourquoi êtes-vous devenue écuyer du Cadre noir ? Quel était votre regard de petite fille sur le Cadre noir ?

Quand j’étais petite, je ne voulais pas forcément être écuyer au Cadre noir car pour moi, c’était quelque chose d’inaccessible. Mes parents tenaient un Poney-Club en Bretagne que je voulais reprendre pour en faire surtout un centre de formation. Et c’est comme ça que je suis arrivée à Saumur : pour passer mon diplôme d'instructorat, le BE 2 à l'époque. Il se trouve qu’il y avait un poste vacant dans la discipline du saut d’obstacles au Cadre… et je ne suis jamais repartie de Saumur. Je suis donc arrivée en 2006 à l’écurie obstacles et quand j’ai eu mes enfants, j’ai demandé à ne sortir qu’en galas car cela devenait compliqué de partir en concours. En arrivant à l’écurie Prestige – qui est l’entité dédiée aux galas – je me suis vue confier un cheval de dressage nommé Liaison… et avec qui je suis repartie en concours de dressage en 2012, ce qui était toutefois plus facile car la fréquence des concours de dressage est moindre qu’en saut d’obstacles. Et je pouvais former ce cheval pour les compétitions de dressage grâce au travail de préparation des galas.



Que représente pour vous la tunique du Cadre Noir et le fait de la présenter à nouveau sur le circuit international de dressage ?

Cette tunique a des valeurs qui sont le respect du cheval, la fluidité, l’harmonie du couple ou encore la recherche de discrétion dans l’emploi des aides… toutes ces valeurs de l’équitation de tradition française et pour moi, c’est important de les montrer que ce soit en gala ou en compétition. En compétition, c’est très important pour moi de bien représenter la tunique. Elle a énormément de valeur à mes yeux.


 

Sertorius de Rima Z*IFCE : le meilleur cheval de dressage français est signé Z !

Marine Ferté : une éleveuse comblée.


Voltaire, Sandro, Ramiro Z, Renville… Qui ne rêve pas de telles origines dans un pedigree de cheval de saut d’obstacles ? Un parfait cheval Z…. oui , mais de dressage ! Sertorius de Rima Z (par Sandro Hit), qui vient de signer un 80,815% en Coupe du monde à Lyon est actuellement le meilleur cheval de l’équipe de France de dressage. Un hasard ? Oui et non. Sa naisseuse, Marine Ferté, vit une belle histoire d’éleveur.


Sertorius de Rima Z foal chez Jean-Marie Martin (élevage de Rima). Photo © DR Patricia Martin Le Gall.

« C’est incroyable ce qui m’arrive. Je ne suis qu’une petite éleveur amateur du Gard, pas vraiment une région d’élevage – d’ailleurs mes poulains naissent dans l’élevage Mercoeur en Loire Atlantique, sauf Sertorius né chez Jean-Marie Martin de l’élevage de Rima en Mayenne – et un de mes produits risque d’aller aux Jeux olympiques ! Il est né en France et c’est une belle vitrine pour notre pays.

J’avais acheté la mère, Siolota, une KWPN par Voltaire (X Renville) parce que je voulais une jument noire. Mais elle était difficile à monter, j’étais dépassée, alors je l’ai mise à l’élevage à une époque où Sandro Hit était en vogue. J’ai d’abord eu une femelle, Sole Mio, qui n’a pas pu être montée car elle a la maladie de Lyme, mais qui m’a déjà donné quatre beaux poulains. Puis Sertorius est né, chez Jean-Marie Martin son co-naisseur et où il a grandi. Un jour, il me dit qu’une commission de l’IFCE faisait une tournée d’achat et m’a demandé si je voulais présenter mon cheval. Ce que j’ai accepté car c’est un mâle et je ne garde que les femelles. Et il a été retenu pour la reprise des Sauteurs. Grâce à sa petite taille, il est tombé entre les mains de Pauline Basquin.

J’ai enregistré ces poulains à Zangersheide car à l’époque, c’était le seul stud-book assez ouvert pour accepter en France des produits issus d’un croisement Oldenbourg X KWPN ».


 

Le commentaire de Jean Morel, entraîneur national de dressage


« Ce 8/10 nous fait extrêmement plaisir, se réjouit Jean Morel, l’entraineur national du dressage français. Cela montre que les juges aiment bien ce couple et cela le fait remonter dans la hiérarchie du moment, mais il ne faut pas oublier qu’avant tout, les Jeux olympiques, cela commence par le Grand Prix. Tout part du Grand Prix, c’est lui qui qualifie pour les finales par équipes et individuelle. Maintenant, ce 8 dans la "libre" va lui apporter des points dans le Grand Prix et du coup atteindre ou dépasser les 74% est envisageable. C’est un couple que les gens aiment bien car c’est une équitation fraîche et sans contrainte. Les 75% sont encore loin, il ne faut pas aller plus vite que la musique. Cela dit, elle peut se transcender sur un jour au moment des Jeux et tout peut s’aligner dans le bon sens ».


Paris 2024 ? Priorité au résultat par équipes.


« Mais tout peut également aller dans le mauvais sens, c’est pour cela qu’il est important pour nous de lisser les notes et ne pas faire des coups ponctuels. Ainsi, l’objectif pour Paris est déjà de passer au deuxième tour et placer nos cavaliers parmi les trente qualifiés pour le Grand Prix spécial et ainsi courir la finale par équipe et si on finit sixième, on sera très content et si on fait mieux… c’est le bonheur, on ne sait jamais, sur un malentendu ! Je présenterai la sélection le 28 juin avec cinq noms : les trois compétiteurs, un remplaçant qui rentrera sur le site et un qui restera à l’extérieur. Cette sélection tiendra compte des performances, bien sûr, mais pas seulement. C’est toute une alchimie : il s’agit de Jeux olympiques et c’est moralement très difficile, c’est une compétition avant tout par équipe et les cavaliers doivent répondre aux consignes car c’est impératif de ne pas prendre de risques sur le Grand Prix et produire une performance homogène car il suffit qu’un cheval fasse une contreperformance ou qu’un cavalier tente un truc parce qu’il pense qu’il pourra faire quelque-chose en individuel et ce seront tous les espoirs de l’équipe qui seront ruinés. Cela n’aura rien à voir avec tout ce qui s’est passé jusqu’alors, même les Coupes des nations que nous aurons faites avant. C’est une stratégie complètement inédite. Pour faire partie de cette équipe, les cavaliers devront impérativement adhérer à cette vision ».

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