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  • Pascal Renauldon

Nicolas Delmotte : apothéose à Chantilly

Mis à jour : juil. 13


La piste des Grandes Écuries avait retrouvé son ambiance des grands jours avec des tribunes, loges et places debout bondées pour assister au triomphe de Nicolas Delmotte dans le Rolex Grand Prix du Masters de Chantilly. Un scénario idéal pour le Nordiste avant de s’envoler pour les Jeux olympiques où il ne retrouvera pas l’ambiance que nous avons connue dimanche à Chantilly. Pour cette nouvelle version du jumping de Chantilly, c'est la première fois qu'un cavalier français l'emporte après dix ans de victoires étrangères dans le Grand Prix 5*

Car cette première édition – le numéro zéro, dit son initiateur, Christophe Ameeuw – a été un véritable succès sur tous les plans : « Je n’ai pas les mots pour décrire ce que je ressens. On a vu revenir et revivre ici les spectateurs, les exposants et les cavaliers. Je donne dès maintenant rendez-vous l’année prochaine car j’ai déjà noté dans ma tête tout ce que nous allons encore améliorer pour faire de ce Masters l’évènement incontournable du circuit, à la hauteur de ce site majestueux et de la Capitale du cheval qu’est Chantilly ».

Premier triomphe français dans le Grand Prix 5* de Chantilly

Pour les cavaliers, le Masters de Chantilly est déjà un événement hors du commun à en croire la parole du Champion d’Europe, le Suisse Martin Fuchs, deuxième du Rolex Grand Prix : « Dans une saison, nous faisons beaucoup de CSI 5*, mais c’est pour ce genre de concours que nous travaillons, que nous préparons nos chevaux : pour trouver une ambiance, un public et un cadre tels qu’ici »


Ce Rolex Grand Prix a bien-sûr été l’apothéose de ce premier Masters : une belle épreuve avec un beau tracé dont la priorité était le bien-être des chevaux. Des fautes, mais toutes légères sur des obstacles délicats, une petite déception peut-être avec la barre de Steve Guerdat et Victorio qui laissaient treize protagonistes dans le barrage, dont quelques couples en partance pour Tokyo.


Parmi eux, le vainqueur, Nicolas Delmotte avec Urvoso du Roch qui partaient pourtant en deuxième position dans ce barrage : « Avant de rentrer en quarantaine pour Tokyo, je ne voulais pas prendre tous les risques, mais je voulais gagner quand même. J’aurais pu aller plus vite, certains l’ont fait, mais ils ont tous commis une faute, mon choix était le bon finalement et je suis très fier de mon cheval ». Avec 42"30, il a effectivement mis suffisamment de pression sur ses adversaires pour les pousser à la faute et s’offrir, un mois après La Baule, un deuxième Grand Prix 5* et engranger un maximum de confiance avant de s’envoler pour Tokyo : « C’est vrai que cela fait un petit moment que je suis motivé à 300%. Mon cheval est dans une forme extraordinaire. Après La Baule, il a bénéficié d’une semaine de repos et après deux petits parcours à Grimaud, je le retrouve ici à son meilleur. Mais bon, malgré ces victoires il faut savoir garder les pieds sur terre. J’ai l’habitude de dire que le lundi, on repart à zéro. Il faut parvenir à ne pas se mettre plus de pression que nécessaire, mais c’est vrai que je pense beaucoup aux Jeux et il faut rester concentré ».


Martin Fuchs, lui, n’a pas cédé à la pression imposée par Nicolas Delmotte, il a essayé de faire mieux, mais n’y est pas parvenu : il lui aura manqué 36 centièmes : « Deuxième, c’est quand même super, mon cheval Leone n’a que 9 ans et n’a que très peu d’expérience dans un tel barrage 5*. Il a une immense foulée, j’ai même enlevé une foulée pour aller sur le dernier, mais cela n’a pas suffi ». Les deux adversaires du jour se retrouveront au Japon ! : « Mais là-bas, prévenait Martin Fuchs en plaisantant, j’aurais un cheval plus rapide ». On attend donc avec impatience le duel Urvoso vs. Clooney pour les médailles olympiques !

Le Champion d'Europe, Martin Fuchs, a donné rendez-vous à Nicolas Delmotte à Tokyo


La Française Marie Demonte était un peu l’invitée surprise de ce podium, mais quelle belle histoire vit-elle avec sa Vega de La Roche, se retrouvant ainsi aux côtés de deux cavaliers olympiques : « Oui, c’est magnifique même si sur le moment, pris dans sa concentration, on ne réalise pas vraiment ce qui vous arrive. Je pense que je savourerai ce moment demain et puis, comme le dit Nicolas, jeudi on repart en piste et on se remet en question. Cette troisième place est vraiment la cerise sur le gâteau d’un week-end qui s’est déroulé à merveille. Mais c’est vrai que Vega avait déjà réalisé un sans-faute dans un Grand Prix 5* à Grimaud et se classait neuvième avec une faute. Cette troisième place devient la plus belle performance de ma carrière, surtout dans ce cadre sublime, mais j’ai encore plein d’objectifs en tête car en ce moment, j’ai un piquet de trois très bons chevaux ».


Marie Demonte, la belle surprise du podium


Voilà donc encore une des belles histoires sportives que nous a livré ce « numéro zéro » du Masters de Chantilly. Comment faire plus beau ? Il parait que c’est possible affirme Christophe Ameeuw qui donne rendez-vous l'année prochaine.

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