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  • Pascal Renauldon

Arthur Madrid, un patron 3.0 à Chantilly

Français expatrié à Buenos Aires, Arthur Madrid, co-fondateur avec Sébastien Borget du métavers Sandbox, une plateforme valorisée à 4 milliards d’euros, participera à son premier « 16 goals » à l’occasion de l’Open de France Engel & Völkers. Il se présentera avec une équipe extrêmement bien organisée et bourrée d’ambitions. Il représentera à la fois son métavers et son club bien réel de La Fija, basé à Pilar. L’occasion de découvrir ce nouveau patron 3.0 et, pour les béotiens, essayer de comprendre un peu mieux cet univers virtuel.


Arthur Madrid lors de sa première victoire en 14 goals à Thai Polo (Pilar) à l'automne austral.

Pouvez-vous nous présenter succinctement Sandbox et surtout expliquer « le métavers pour les nuls » ?

Sandbox est un monde virtuel dans lequel les utilisateurs peuvent créer leur avatar et vivre des expériences immersives dans le métavers. L’idée du métavers est de pouvoir vivre des expériences très proches du jeu vidéo, mais qui permettent de créer et de vivre des moments autour de la mode, de la musique, de l’architecture, du gaming d’une manière totalement différente et nouvelle. La consommation des produits digitaux nous a habitués à vivre des expériences 2D, très accessibles et parfois trop simples. Le métavers permet de vivre ces expériences digitales de manière plus immersive. L’objectif de Sandbox est d’utiliser des technologies 3.0 et les blockchains* pour permettre aux utilisateurs du métavers de créer et de développer ce monde ensemble et de générer de nouveaux flux de revenus en créant de nouveaux métiers du métavers. Comme architecte, pour permettre de construire un autre monde, jardinier – vendre des arbres et permettre de créer de nouveaux paysages, artistes performers proposant des concerts, agent de sécurité pour que ces expériences 3D soient sécurisées et des dizaines d’autres métiers encore.


Un patron 3.0, passionné de polo qui représentera son club de La Fija, finaliste de la Copa Camara en 2021

Si je comprends bien, il s’agit d’un monde virtuel qui serait parfait, où chacun écrit, invente et vit sa propre vie et dans lequel on peut même gagner de l’argent, mais comment crée-t-on des richesses dans un environnement virtuel ?

L’originalité de Sandbox est d’utiliser les blockchains pour vendre des terrains virtuels en nombre limité. On décrit Sandbox comme le nouveau Manhattan digital : imaginez Manhattan il y a deux-cents ans et voyez Manhattan aujourd’hui… difficile de discerner et projeter ce que sera Sandbox dans 10 ans. La limitation d’espaces de construction permettra d’en augmenter leur valeur d’ici 5 à 10 ans. Les outils de construction de Sandbox sont des outils de rendering** qui permettent de créer des dizaines d’expériences diverses. Notre objectif est également de développer un monde culturel avec des musées, des artistes comme Snoop Dog, Jamiroquai, Warner Music Group, des lieux comme la Tour Eiffel, Jérusalem, Dubaï, Hong Kong…


La volatilité des cryptomonnaies n’est-elle pas un danger dans ce nouvel univers 3.0 ?

Sandbox est attaché à une crypto-monnaie qui s’appelle le Sand, la n° 35 au niveau mondial primée dans plus de trente exchanges à travers la planète. La confiance que les utilisateurs semblent avoir en cette cryptomonnaie est liée à son côté « utility ». L’utilité d’évoluer dans le métavers en achetant des terrains, des objets et payer les différents métiers dont je vous parlais. L’exposition du Sand au marché des cryptomonnaies et de sa volatilité est relative. Effectivement, le Bitcoin et l’Ether ont été affectés. On imagine aisément que le rebond, le retour à une économie plus active d’ici 12 à 18 mois permettra le retour des cryptomonnaies. Il ne fait aucun doute que celles-ci sont liées à l’économie. La volatilité dont vous parlez affecte également l’activité traditionnelle quand on observe par exemple la tension euro/dollar. Le métavers s’adresse avant tout à cette nouvelle audience, la génération Z qui a accumulé des NFT**, de la crypto depuis deux-trois ans. Une nouvelle génération que les marques veulent atteindre.


Une famille franco-argentine... ce qui explique la domiciliation du Français Arthur Madrid à Buenos-Aires

Le polo fera-t-il son entrée dans votre métavers ? Pourrons-nous tous devenir des handicaps 10 virtuels ?

Question amusante… Il y a aujourd’hui un certain nombre de jeux vidéo autour du sport. Ce sont deux mondes assurément très compatibles. Il serait évidemment possible avec des skill base games, des jeux liés à la capacité des joueurs de contrôler des jeux de skateboard, de courses automobiles, etc. Il serait donc tout à fait faisable d’imaginer un gameplay autour du polo. Ce qui intéressant dans la blockchain, c’est la capacité à progresser et effectivement, le handicap est aussi un level. Et donc imaginer de permettre aux joueurs de passer d’un level 0 à un handicap 10 est possible. Concernant les chevaux, il y a déjà un certain nombre de jeux blockchain comme Zed Run qui permet d’acheter des chevaux virtuels qui pourront faire de la production et participer à des courses virtuelles.


Parlons de votre polo, comment avez-vous découvert ce sport ?

J’étais cavalier de saut d’obstacles depuis l’âge de 5 ans, à L’Isle-Adam, puis à l’Étrier. J’ai participé au Championnat de France cadet en 1992. J’étais donc familier de ce monde équestre. Je suis arrivé en Argentine il y a 12 ans et la première chose que j’ai faite fut d’acheter un cheval de CSO. En fait, j’ai découvert le polo très tard, il y a 4 ans seulement. J’ai été fasciné par le niveau des chevaux et des joueurs en Argentine. Et donc, cavalier depuis 35 ans et joueur de polo depuis 4 ans.


Est-ce à cause du polo que vous vivez en Argentine ou est-ce parce que vous vivez à Buenos Aires que vous avez découvert le polo ?

Les chauffeurs de taxi argentins me posent fréquemment cette question “¿qué haces acá frances ?”… Effectivement, le polo est l’une des trois raisons principales pour lesquelles je vis à Buenos Aires. La première est que ma femme et mes enfants sont argentins et j’aime la qualité de vie dans cette ville. La deuxième est que j’ai accès à un très bon vivier de talents dans le secteur informatique.


Comment se présente l’organisation de votre polo en Argentine ? Avez-vous vos propres installations ? Où êtes-vous installé à La Fija ?

Je suis installé à La Fija, à Pilar sur la route 28.


Vous porterez ces couleurs à Chantilly, il s’agit bien du même club/élevage finaliste de la Copa Camara l’an dernier ?

À Chantilly, je porterai les couleurs de Sand Box et de La Fija. Pour un bon développement du polo, je crois plus à une association entre un patron et un club qu’au patron qui crée son nom d’équipe. La Fija est un club de formation de chevaux, mais c’est aussi un club composé d’amis et de familles où l’on trouve très peu d’amateurs, il y a 90 % de professionnels. À part Sascha Hauptmann et moi-même, il n’y a que des joueurs de 4 à 8 goals.


Combien de chevaux disposez-vous en Argentine ?

Une bonne dizaine.


Et avec quels chevaux jouerez-vous à Chantilly ?

J’enverrai quatre de mes chevaux et avec les chevaux de notre organisation, de Sascha et de Joaquin Maiquez, je jouerai huit à neuf chevaux à Chantilly.


Sera-ce votre première apparition en France ?

Ce sera ma première participation à l’Open de France de Chantilly.


Pourquoi avoir choisi l’Open de France Engel & Völkers ?

Car c’est un tournoi réputé pour être très compétitif : c’est ce que je recherche avant tout, une compétition SPORTIVE. C’était l’occasion de se reconnecter avec la France. Je viens de jouer à Villa Sesta et de gagner un 10-goals à Rome. Chantilly, c’était l’occasion de rentrer dans un tournoi de 16 goals par la grande porte sachant qu’il y a de très grands joueurs et de très bonnes équipes.


Quelles sont vos ambitions pour cette première apparition sur cet Open ?

Jusqu’alors, je n’ai joué que du 14 goals – un tournoi que j’ai gagné à Thai Polo – et donc sera la première fois que je jouerai un 16 goals et la première fois que je jouerai à Chantilly : je serai donc très humble. Cependant, mon équipe composée de trois professionnels depuis une vingtaine d’années est très compétitive. Cela étant, tout dépend de la motivation et des circonstances.


Pouvez-vous nous présenter vos joueurs ? On connaît Agustin Garcia Grossi, qui avait battu… La Fija en finale de la Camara l’an dernier avec La Irenita, mais quelles sont les références de Juan-Manuel, son fils et de Simòn Prado, votre handicap 5 ? De quels chevaux disposeront-ils ?

D’abord, Agustin Garcia Grossi est un très bon joueur, très agressif, très motivé. Ensuite, l’idée ici était de créer une véritable équipe composée de joueurs qui s’entendent parfaitement. Mes trois joueurs évoluent ensemble depuis presque une vingtaine d’années au sein du club de Trenque Lauquen. Jouer avec un père et son fils, cela vous garantit une entente idéale. La référence de Juan-Manuel, c’est d’être le fils de son père ! Simòn Prado joue avec eux depuis très longtemps et je les sens très motivés, ce que je recherche. Ils joueront leurs chevaux qui viennent d’Argentine et qui sont basés en Angleterre où ils jouent.



* Blockchain. Mode de stockage et de transmission de données sous forme de blocs liés les uns aux autres et protégés contre toute modification.


** Rendu d’une image, processus de création d’une image depuis un modèle.


*** NFT : acronyme de “non fongible token”, “jeton non fongible” en français. Une chose est dite fongible si elle peut “être remplacée par des choses de même nature, de même qualité et de même quantité” (Larousse). Parmi les actifs fongibles, on trouve l’argent. Une pièce d’un euro peut être remplacée par une pièce d’un euro. De même, un Bitcoin peut être interchangé avec un autre Bitcoin. En revanche, un actif dit non fongible ne peut pas être remplacé par un autre élément de même nature. Il est unique et un NFT est unique. Il peut s’agir d’œuvres visuelles ou musicales, d’un film ou d’un écrit ou du code d’un élément informatique comme le fameux premier SMS de l’histoire numérisé sous la forme de NFT et vendu aux enchères. Le code source du World Wide Web a également été vendu aux enchères sous forme de NFT ainsi que la première page de Wikipédia.

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